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L’astre s’était drapé dans un halo de soufre,
Lentement alité dans le calme du soir,
Embrasant l’horizon avec un ostensoir,
Avant que de sombrer dans le tréfonds d’un gouffre.
L’heure, au crépuscule, est celle où vole un vampire
Quand, au bord de son nid, l’oiseau tait sa chanson
Et que la brise fait onduler la moisson
Future, où des lueurs divulguent le lampyre.
La ville, en contrebas, ne s’endort pas encore,
Car l’on entend monter quelques vagues rumeurs,
Le parfum des plaisirs, des joies, de ses humeurs,
Sous des scintillements tremblotants de phosphore.
Et les chemins aussi sont gagnés au silence.
Les chars ne crissent plus dans le sable et le roc.
Les hommes on cessé le commerce et le troc,
Engourdis de chaleur et remplis d’indolence.
Moi, je sais que l’amour empourpre ton visage
O bien-aimée ! Pourtant, apaise ton ardeur,
Ecoute seulement lorsque tape ton cœur,
Les échos de la vie dans un tel paysage.
Vois-tu que les vents d’août ont déserté la plaine
Et s’égarent, là-bas, quelque part sur la mer,
Quand les chèvres ont fuit le pâturage amer
Pour dormir sous la lune avec la panse pleine ?
Un spasme inattendu, soudain, comme une transe,
A fait, ma bien-aimée, trembler ta froide main,
Car tes sens ont senti s’élever au lointain,
Le piétinement sourd de la nuit qui s’avance.
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