|
Si la grâce d'un coup me touchait d'un rayon
Si la gloire demain vient couronner mon front
Et faire voltiger sur mon âme fleurie
Le fragile trésor, c'est avec modestie
Que ma plume ingénue accorderait ce don
A celle qui mérite un livre avec raison
Ici, dans son jardin chante ma renaissance
J'écris mes plus beaux vers en buvant son silence
Je célèbre à mi-voix, je me prend pour Ronsard
En son pays où croît la rose et le nectar
Elle imite souvent le cri des hirondelles
Mes jours ensoleillés s'endorment sous ses ailes
Sous sa robe de flamme il neige du soleil
Un encens impalpable, un printemps tout pareil
Aux parterres de fleurs qui flambent sur les toiles
Même son doux regard enchaine les étoiles
Elle semble un matin quand l'aube pose, l'or
Et ressemble au soir bleu quand l'ombre est un trésor
Parfois pour l'évoquer, j'en appel au suprême
Pour couvrir le vélin je la trouve en moi-même
Je suis récompensé par son charme inconnu
Comme un homme aviné par tout ce que j'ai vu
Voici dans mes vitraux cette belle Ophélie
Saurez-vous son prénom c'est la douce M...?
|