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Assoiffé d’océan, coureur de lande brune,
L’air, dans les branches, grince ainsi qu'en des agrès
Et court, chasseur de nues, écumeur de lagune,
Sonneur de cor au fond des vallons clairs et frais.
Pourquoi tes longs frissons, ta randonnée terrible,
Vieux vent farouche et aigre et rude, vent brutal ?
Pourquoi tes ouragans, ton humeur irascible
Dans une chevauchée dont le souffle est fatal ?
Tu fais souvent campagne avec le Roi des Aulnes.
A quel labeur funeste, alors, te livres-tu ?
Tu rêves d’alliance avec les Amazones
Dans un secret dessein sans honte ni vertu.
Ces relents nauséeux et ces miasmes d’automne,
Tu les chasses du bois lugubre et empesté.
Te souvient-il du jour où dans l’œil du cyclone,
L’arbre fût mis à mort, de vermine infesté ?
Pour t’échauffer avec tes baisers délétères,
Tu cries dans l’ombre amère et hurles comme un loup,
Raclant comme un vieux dos le cuir nu des jachères
En maudissant la nuit tel un amant jaloux.
Je monterai sur la colline, empli de crainte,
Aux premiers pleurs de l’aube, à la pointe du jour,
Pour entendre, angoissé, déferler ta complainte.
Pourrait-elle, au lointain, emporter mon amour ?
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