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Chaque pied porte un peu plus loin
Pour que s'ouvre le carrelage froid
Ce petit corps d'un mètre vingt
Automate sans autre choix
Répondre à l'appel, la sommation
Quitter l'enfance nu comme un vers
Puisque la bouche du démon
Attends juste là, derrière...
Revivre en silence
L'horreur de la première fois
Connaître la sentence
Même à tout petit pas
L'oiseau sur la branche
Et le ciel plus bas
Derrière l'horizon se retranche
L'âme qu'on abat
La chair dévorée
De l'angelot sans ailes
Pourriture damnée
Il faudra vivre avec elle
Mais l'âme condamnée
Que dissimule la comédie
Comme une artère tranchée
Se vide d'ignominies
Aimer ce corps
C'est accepter l'horreur
Celle qui dévore
L'âme et le cœur
La source intarissable
De haine et de colère
Qui rend la peur aimable
Supportable enfer
Héberger le scandale
Faire du corps un rempart
Pandore chez Dédale
La boîte est quelque part
Les mots manquent
Pour le Réel de l'horreur
Les mots mentent
Pour traduire l'intérieur
La porte refermée
Puis la serrure
L'enfer dévoilé
Entre quatre murs
L'eau séchera les larmes
Qui portent le souvenir
Ainsi que le drame
Pour tuer le désir
Mais réveillé par les ondes
Moby Dick ressurgit
Et l'hameçon, la sonde
Touche au but qui réagit
Alors le sol s'ouvre
Sur l'abîme et la folie
Sur un appel plus rien ne couvre
Le gouffre, l'agonie
Ne jamais compter
Que sur soi-même
Le néant dompté
Récolter ce que l'on sème
Sans jamais s’aimer
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