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il est un lieu
qui n'appartient qu'à nous
personne n'y vient
personne n'y reste
musique à tout rompre
un cinquième élément
et des livres ouverts
dans lesquels on s'enivre
un lit blanc
immaculé
qui illumine nos cils
d'éternité
des horizons embrasés
où dansent
des créatures d'un autre temps
projettent sur le sol
des ombres maléfiques
que nous domptons à coups de rimes
et veillant sur nous
tous les Dieux rassemblés
invoqués dans un murmure
guidés par la mélodie
que tu traces chaque matin
chaque soir
sur une page en lambeaux
qui tressaille et rajeunit
dès que tu l'effleures
le sang, versé devant la porte
sèche, doucement
& les masques, raccrochés
prennent la poussière
les langues déliées
ne trouvent plus de repos
les âmes rassemblées
s'enlacent jusqu'à s'étouffer
les mains se toisent
puis se confondent
et les mots
enfin libres
glissent coulent & inondent les lèvres,
comme autrefois les larmes
tout de bleu vêtus
les rêves cessent un instant
se retirent face à la vie qui surgit
c'est le vide, comblé enfin
lorsque le fil vibre
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