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Le charme du passé renaît, je m'émerveille
Dans la verte chênaie où chante un doux ruisseau
La caresse de l'eau qui court et s'ensoleille
Sourit dans le ravin, caressant le roseau
Je m'attarde apaiser, dévidant ma mémoire
Sur la lointaine enfance à l'ombre de ces bois
Au gré des souvenirs, au gré de mon histoire
Je cueille quelques fleurs en écoutant les voix
Ce concert solennel des harpes dans les branches
Me grise gentiment au seuil bleu de la nuit
Assis sur un coussin d'authentiques pervenches
Au premier rendez-vous vibrant au moindre bruit
Le cœur inondé d'or, le corps plein de promesse
Je me revois gamin à l'âge de seize ans
Les roses de Saadi me couvrent de tendresse
Savourant le bonheur des rayons pénétrants
Des sèves de l'amour, j'attends mon hirondelle
En rêvant de baisers, de frissons inouïs
D'extases et d'épis embrassant la dentelle
De regards dont les cœurs demeurent éblouis
L'ombre devient un fleuve et ma tête se noie
J'aperçois dans le soir aux contours mordorés
Un ange Vénitien, son visage flamboie
Sourire merveilleux, biche aux traits veloutés
Ses cheveux couronnés d'une verte couronne
Enflammé par le ciel abritent des jets d'or
Son immense beauté divine m'arraisonne
Son corps riche et brûlant ressemble à messidor
De ce phare éternel Je ne peux m'en défendre
Ophélie à l'orée embrase la lueur
Dans le sous-bois doré c'est la belle cassandre
L'œil de la volupté souffle l'air enchanteur
Aux pas du crépuscule elle accorde sa grâce
Ses cils recourbés emprisonnent mon cœur
Son teint frais me fascine et son charme m'enlace
Nous marchons dans la nuit en buvant la splendeur
Tandis qu'un monde meurt emportant la magie
Elle est le firmament poli d'amour vermeil
Dont mes yeux aiguisés gardent la nostalgie
Tant cette unique fleur hante encor mon sommeil
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