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Qui saura jamais dire à son heure dernière
Ce que l'âme retient, juste avant de partir
quand le soleil s'éteint, de même la lumière
Que reste-t-il de nous à part le souvenir
Quand la plume se tait est-il pour le poète
Un chemin différent inscrit depuis longtemps
Devant cet univers où bien son cœur répète
Le séduisant transport de l'encre et de l'encens
J'imagine parfois qu'en mon lointain village
L'annonce de ma mort fera dire à quelqu'un
Où donc habitait-il et quel était son âge?
Avant de déplorer, nul n'échappe au destin!
Si le mien écrit là, l'histoire irrévocable
Par l'invincible glas serti par les bleuets
Avant le rideau noir de la nuit immuable
J'aimerais bien revoir l'écrin de mes forêts
Le sol de mes aïeux, le tombeau de mon père
Depuis longtemps déjà j'ai quitté ma maison
Le manteau verdoyant de l'adorable terre
Ses bijoux de blés purs à la belle saison
Qui inspiraient mon front d'un si tendre langage
Qu'il drapait d'or mon cœur, d'un appel déchirant
Tel le chahut sans fin en mai dans le feuillage
Tandis qu'une hirondelle ombrait mon firmament
Revoir le vieux tilleul dans la cour de l'école
Retrouver les odeurs,reprendre le chemin
De ma troublante enfance en terroir agricole
Quand l'amour me semblait une terre en regain
Souvenirs émouvants, remplis de nostalgie
Mots d'amour oubliés, présageant le bonheur
Quand valsait les étés, de fraises, d'ambroisie
Éparpillant l'écho de ce temps si menteur
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