|
Tout illuminée d'ombres
Une silhouette informe
Dans l'aube sombre
Sous un vieil orme
S'est arrêté
Il contemple, les yeux clos
L'espace qui le sépare
Des charmes de l'écho
Qui résonne là, quelque part
Dans le vide de l'absence
Fini de fuir
Maintenant qu'il est trop tard
Fini de maudire
Le souvenir et son dard
À perpétuité
Ni Dieu, ni Maître
Pas même une maîtresse
Le choix d'Être
Chemin sans laisse
Nouvelle essence
Hors des sentiers battus
Il cherche son alliance
Sans aucun statut
Seul, avec patience
Mais réfugié dans l'ombre,
Sous la toile de bure
Dissimulé aux regards
La carapace froide et dure
Nécessaire rempart
Au verdict spéculaire
Il faudra un jour
Savoir poser le masque
Assumer au grand jour
Sans peur, sans casque
Sortir de la pénombre
L'apprentissage solitaire
Dans le silence opaque
Se pencher nu comme un ver
Sur la clarté du lac
À la lumière solaire
Découvrir au gré des maux
À chaque cicatrice,
Que sur elles glisse l'eau
Sans l'horreur dévastatrice
Sans homélie
Apercevoir un peu de beau
Devant ce corps honni
Accepter cette peau
Y faire un peu son nid
Transformer le silence
Hors des rails métalliques
Du fracas vide et sonore
Un éclair extatique
Et la pénombre se colore
Sans un cri
L'attente se termine
Pour que naisse le désir
L'odeur de vermine
Ne se fait plus sentir
Accepter l'errance
À la discrétion du soleil
Un profil se dessine
Et le crépuscule vermeil
Au chant du cygne
Il rêve, un œil ouvert
|