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Ma poésie heureuse

le jeudi 23 mars 2017, à 00:40. Posté par plumeflore


    Ma chère Micheline il me faut l'avouer
    J'aime bien vos trois mots " la poésie heureuse"
    Mais avant ce bonheur, cette douceur d'aimer
    La vie ainsi ne fut pas toujours généreuse

    Lorsqu'à trente six ans, en couple et bien heureux
    Au jour anniversaire après dix ans d'ivresse
    En ouvrant nos cadeaux pleinement amoureux
    Nous fêtions jour pour jour deux lustres* de tendresse

    La pendule égrainait neuf heures au cadran
    Le destin décida la fin de notre idylle
    D'un arrêt brusque et froid, d'un éclair foudroyant
    Le grand cœur de ma douce émouvant et fragile

    Effleura l'ancolie avant de s'endormir
    Ainsi pendant longtemps grande fut ma souffrance
    Privé de mon soleil, je vivais sans plaisir
    Et l'aimant sans pareil, j'écoutais son silence

    En moi pleurait un flot sans même le vouloir
    J'écrivais ma langueur à la face du monde
    Je cherchais un sourire avec un peu d'espoir
    Ma plume sagement savais être féconde

    Les mots devenant fleurs devinrent mon flambeau
    J'en faisais des bouquets pour un durable hommage
    De mon cœur jaillissait un émouvant ruisseau
    De chaque souvenir survivait un voyage

    J'aurais pu faire miens ce poème d'Aragon
    "Il n'est d'amour heureux" et de pire torture
    Que vivre sans câlin et vivre sans raison
    Je cueillais des quatrains pour guérir ma blessure

    Sur mon sentier abrupt une fleur vint fleurir
    Avec des yeux si long cerné par la dentelle
    Que d'un simple regard elle su m'éblouir
    Avec tant d'éclats d'or mon front devint une aile

    Depuis je vis un rêve à toutes les saisons
    La caresse est sans fin sous sa branche fleurie
    Dans mon cœur désormais brille l'or des moissons
    Aujourd'hui mon bijou se prénomme Marie

    Chaque doigt de ma main caresse son prénom
    Il n'est rien de semblable à ma belle captive
    Voyez l'aube frémir le temps de ma chanson
    Jolie, émerveillante*, elle est comme l'eau vive


    *Un lustre c'est cinq ans
    * je sais, émerveillante n'existe pas, mais ans il lui sied si bien

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
Micheline 1940 le dimanche 26 mars 2017, à 06:40
Cher Marc,
Comment vous exprimer combien je sais la peine que vous avez endurée, et ce, pour avoir moi-même blessé mon âme aux rudes coups de la fatalité, au drame de la séparation, à l'infini désespoir qui nous emporte dans les abysses du malheur...
Le Seigneur et votre épouse, n'en doutez surtout pas, ont eu pitié de vous et ensemble ont œuvré pour vous offrir un nouvel et merveilleux amour. Si vous écrivez si bien ce sentiment, c'est par ce que vous avez tant souffert ! Aussi, l'amour sera toujours pour vous une douce et profonde musique qui accompagnera tous les instants de votre vie.
Votre poème est magnifique et nous dit votre malheur puis le bonheur retrouvé ! Merci cher Marc pour vos magnifiques vers, et ce fut un inégalé plaisir que de les lire !
Bien amicalement,
Micheline.

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