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Qu'il est dur de partir, de quitter son vallon
Habité par la muse où chaque arbre rappelle
Un amour, un chagrin, une douce chanson
Et le fil pur de l'eau caressant la dentelle
Des plus beaux souvenirs, de nos vœux resté vains
Où chante le passé d'une voix attendrie
L'ombre de mes aïeux charmes tous les jardins
Ô! mon pays Comtois, terre à jamais chérie
Je parcours aujourd'hui la cruauté du temps
Le tic, tac du clocher, vestige de l'enfance
Me rend l'œil innocent de mes premiers printemps
Et mon luth inspiré cherche la résurgence
Qui ranime un bonheur, teinté de pourpre et d'or
En suivant le trait noir des sveltes hirondelles
Mon amour pour les mots survole messidor
Il m'est doux de chérir le temps des mirabelles
J'ai perdu la douceur en m'éloignant du nid
Un nid modeste et sain entouré de nature
Ainsi que de beaux jours dorment sous le crépit
Ce qui fut pour mes yeux une demeure obscure
Etait en vérité , parmi les prés touffus,
Les sous-bois verdoyants, une belle cabane
Je respire vos fleurs, qu'avant je ne voulus
Et l'intime beauté que l'azur enrubanne
Du haut de mon rocher jusqu'au dernier soupir
Cher bocage Comtois, j'écrirai ton histoire
Nommant tous tes trésors, tes bois, beaux à mourir
Richement honoré de recevoir ta gloire
Loin du toit paternel mon souffle reste ému
Ô! que d'objets aimés éclaire encor le temple
De mon premier grenier sagement confondu
Entre la peur, le rêve et le désir plus ample
Que de pouvoirs cachés les rustiques labeurs
Prêtent à mon silence une lyre céleste
Je veux rendre un hommage à ses riches blondeurs
L'amour de mon terroir par cet auguste geste
Redorera le cadre abritant les rameaux
De cet écrin béni faisant couler mes larmes
Archanges suspendus, Ô! mes divins ruisseaux
Vous vivez dans mon cœur à l'abris sous les charmes
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