|
Dans les bois verdoyants où la dentelle est reine
A l'approche du soir dans les palais ombreux
Le doux frisson des fleurs devient une fontaine
Quand le chêne frémit dans son écrin herbeux
J'éprouve en contemplant la campagne Comtoise
Une vive allégresse, un bonheur saisissant
Quand le printemps revient, la muse il apprivoise
Je retrouve d'un coup le regard d'un enfant
Que j'aime m'égarer sous la nef enflammée
Où le feuillage fin s'épanche en boucles d'or
Sagement attendri par la fin de journée
Cependant que le jour sur les arbres s'endort
Que serais-je sans vous chères combes sauvages
Que serait donc mes vers sans la grâce des bois
L'ombre a des attraits pour les plus beaux ramages
Toujours je veux bercer de ma mourante voix
Le cœur incandescent de ma divine femme
Ses yeux m'ont tant charmé, tant refleurit mon front
Qu'une muse se meut jusqu'au fond de mon âme
Et je ne puis chanter sans boire à son flacon
Heureux, je suis heureux son amour c'est ma chance
Je ne connaissais pas un visage pareil
Même quand elle dort, j'apprend de son silence
De sa brûlante peau mordoré de soleil
J'aime lui enseigner chaque chant adorable
Le clairon du pouillot, l'archet du rossignol
Même le clair ruisseau de la fauvette aimable
Et les jeux dans le ciel d'une hirondelle en vol
Ainsi mon univers demeure la nature
Il me plait simplement de partager ma foi
Point de croix, point de lys, mon aube est la verdure
Le temple des forêts, je n'ai pas d'autre loi
|