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Je rêve du passé dans la campagne aimable
Sur la robe des blés quelques coquelicots
Se penchent gentiment de façon immuable
Pourtant j'entends au loin de bien tristes échos
Les enfants d'aujourd'hui savent-ils le silence
La brise du printemps et l'odeur du foin mûr
Savent-ils malheureux qu'ils ignorent la chance
De vivre au rythme doux, des fleurs et de l'air pur
Ni les clameurs d'un stade enclavé dans la ville
Ni même les rumeurs d'une rue à Paris
Ne saura remplacer le roman d'une idylle
Le friselis du vent balayant le maquis
Je pense à ces enfants ne connaissant la gerbe
Ne cueillant plus en juin le modeste bouquet
Ne sachant la douceur du sentier rempli d'herbe
N'écoutant plus le chant merveilleux d'un traquet
Je sais que pour ceux-là commence les souffrances
J'aspire à partager le bonheur d'un écrit
Je sais bien que pour eux, il reste les vacances
Noël à la maison, les jeux du mercredi
Mais savent-ils le sens de parler sans rien dire
Simplement d'un regard ineffable, amoureux
Savent-ils le trésor d'un timide sourire
Qui laisse imaginer ce que disent les yeux
Entre les eaux du Doubs et la forêt féconde
Je savais mon village endormi dans les champs
Je le revois d'ici, couronné d'herbe blonde
Parfumé de lilas à l'heure du printemps
Espoirs et souvenirs distillent sur ma page
La torture à penser jusqu'à la déraison
Quelque chose d'une âme habite mon visage
Depuis sept ans déjà je vis sa floraison
Je contemple en ses yeux le soleil de ma vie
Ses beaux cils recourbés voila ma toison d'or
C'est mon astre levant, c'est ma belle Ophélie
Sur la paille j'amasse un fabuleux trésor
Je souhaite aux gamins, de l'amour en dentelles
Des coussins de verdure aux berges des ruisseaux
De verdoyants recoins auprès des demoiselles
De la tendresse aussi, des rires, des oiseaux
https://youtu.be/tGPXEfCgFNg
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