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Les rubis du couchant à travers les vitraux
Illuminent l'église en chassant la pénombre
Et mon âme en extase admire les joyaux,
Le splendide ostensoir, l'autel au marbre sombre
Et le charme émouvant de ses riches atours;
Ce soir plane la paix et l'amour me pénètre
Je retrouve en mon for la douceur du velours,
Avec recueillement, j'aime de tout mon être.
Comme un bouquet fané nous rappelle les champs,
La grâce de l'encens supprime la distance,
Arrive le frisson, d'un souffle à mes dépens
Si je ferme les yeux il me revient, l'enfance;
En soulevant le voile antique et troué d'or
Je revois le lavoir caché par la verdure,
La moisson flamboyante aux jours de messidor
Quand j'allais seul au bois apprendre la nature.
J'ai toujours sur les doigts, la saveur des œillets,
Des cerises de juin, de la première rose,
Je me souviens surtout des merveilleux secrets
Dans les buissons en fleurs quand le bonheur se pose.
A l'âge du lilas, ils ont là les bonheurs
Quand l'ont croit au serment d'une jeunes déesse,
Parmi les fenaisons, les sous-bois enchanteurs
Qui semblaient des châteaux bâtis pour la tendresse,
Dans les taillis ceins d'or, nous recherchions des nids,
Répondant à l'écho du coucou qui rappelle,
Un bouquet dans la main, dans les chemins concis
Je suivais une fille en frôlant sa dentelle.
Qu'il est doux à mon cœur de revivre l'excès,
Le rire d'une belle accompagnant la brise
Tandis que tous mes mots se couvraient de bleuets
Et de l'odeur des foins qui entête et qui grise.
Il ne reste plus rien des asiles charmants
Sinon le cher parfum de l'ombreuse colchique,
Aujourd'hui mon cœur d'homme éprouve pour l'encens
Un amour vénérable au comble romantique.
https://youtu.be/USK1VjV-nO8
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