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Jadis, un soir de juin quand l'ombre se fiance
Couché parmi les foins je vis un ange blanc
Ainsi les yeux rêveurs je gardais le silence
Admirant son corsage au combien éloquent
A l'occident le ciel d'une grâce infinie
Étendait son manteau d'ambre, de pourpre et d'or
Sous le couchant de nacre ivre de poésie
J'écoutais les grillons préfacés messidor
Un ouragan passait caressant la campagne
Et par mes yeux brûlants il entrait dans mon cœur
Comme un grand livre ouvert que le charme accompagne
Sur les buissons fleuris s'écrivaient sa splendeur
Au déclin du soleil le sceau d'or de la paille
Consacrait à son front le plus bel ornement
les fleurs étaient partout, jusque sur la broussaille
Comme un verbe d'amour éternel et touchant
J'approchais son visage au charme inégalable
Mais avant que ma lèvre y posât un baiser
La belle se tourna, d'un geste mémorable
S'embruma d'un mépris; en riant pris congé
Depuis j'ai longuement repenser ce prélude
Comme un vague soupir il teinte ma pudeur
Dans le recueillement il fleurit mon étude
Mais il reste pour moi le spleen dévastateur
Si j'évoque aujourd'hui cette page cruelle
C'est que ce souvenir tellement malheureux
A semer le chagrin sur mon âme fidèle
Pour m'être consumé d'un délire amoureux
Peut être que sans vous j'aurais été poète
Si vous m'aviez aimé l'espace d'un printemps
Honoré par vos soins j'aurais fait la conquête
Du chœur des séraphins, des rêves pénétrants
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