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Le soir à sur mon front l'image du passé
Je bénis à genoux cette lyre éternelle
Attentif aux échos d'un bel endroit sacré
J'ai voulu le revoir quand l'aube l'étincelle
Embrasé tout à coup sous l'assaut du soleil
J'ai pu draper mon cœur de l'émouvant spectacle
A l'heure où le pinson attend l'arche vermeil
Quand l'ombre fait éclore un étrange cénacle
Aux pieds des sapins verts mes yeux se sont remplis
De vallons verdoyants que la beauté enlace
Les chênes inclinés de rayons envahis
Berçaient de pourpre et d'or les sous-bois plein de grâce
Avec recueillement illustré par des fleurs
J'imaginais des mots, un livre en héritage
Où tu puisses relire un pan de mes bonheurs
Pour répondre au besoin par un autre langage
Romantique et troublant, celui de mes quatrains
Ainsi je nourrirais ton cœur et ta pensée
Tu comprendrais bien mieux mon amour des regains
Des merveilleux serments pour la femme adorée
Tu l'ouvrirais parfois, au moins de temps en temps
Au besoin émouvant donc s'abreuve l'absence
Ton cœur découvrirait l'écrin de mes seize ans
Es-tu saurais pourquoi mon regard se fiance
Avec le ciel Comtois, avec l'or des moissons
Je leurs rends en ce jour mon plus vibrant hommage
Je leurs dois mon savoir et mes premiers frissons
Au vent du souvenir je veux garder l'image
De mon nid de foin mûr couvert de cerisiers
Où je venais enfant effleurer l'eau dormante
Si fertile en parfums, en rêves écoliers
Que aujourd'hui encore en mon esprit, il chante
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