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Échange épistolaire avec le fiston :
"Pouvoir écrire. Avoir la faculté de poser sur papier ou clavier ce qui t'ennuie, ce qui te fait envie ou juste un bout de ta vie. Gratter sur le papier les croûtes de tes blessures. Faire que si il doit rester des cicatrices, tu aies pu les extérioriser. Réussir à se vider, parfois détremper le support, mais dans le fond tu t'en fous. Ton but premier n'est pas d’être lu.
C'est un peu comme te retrouver au beau milieu d'un champ et crier. Avant de le faire tu regardes tout autour de toi, pour t'assurer que tu ne passeras pas pour un con. Une fois que c'est fait, tu te sens vidé. Prêt à reprendre ta vie en main et avancer. Avant de quitter ton champ, tu vas cueillir quelques fleurs pour les offrir à ton retour. En symbole de renaissance. Renaissance oui parce que tu te sens renaître une fois vidé de ce qui te pesait.
Je souhaite à tout le monde de pouvoir trouver un exutoire, une soupape de sécurité. Musique, dessin, écriture, quelque soit le moyen il sera le bon. J'ai mis du temps à comprendre que l'écriture c'est ce qu'il me fallait. Que c'était çà mon champ à moi. Un exercice pourtant extraordinairement accompli par le père Mouchet. Et c'est tant mieux parce que désormais je cours après sa plume, sans prétendre un jour l' égaler. Encore moins pour ce qui est de l'orthographe et de sa tablette de vocabulaire. Je n'ai clairement pas le même nuancier, moi je travaille avec des couleurs primaires. Peut-être qu'à force d'essais je trouverai mes nuances.
Et voilà c'est ce que je disais! Là je regarde ma femme et je suis tellement amoureux! (lol). Et je pense à mon petit Gaston qui fait dodo. Le cœur léger prêt à encore plus les aimer !"
FABIEN MOUCHET 22/04/2016
" Fiston ! Ne sois pas modeste ! Moi aussi j'ai longtemps bafouillé, bégayé, tâtonné, avant de trouver quelques images et saillies jouissives car comme tu le dis :"écrire est un exutoire" une érection des mots avant que ne jaillisse le liquide sémantique de nos pensées séminales que nous offrons de façon impudique par amour de l'autre et du verbe.
Oui, écrire est un acte d'amour, si fort que l'on peut pardonner les maladresses et plus tu pratiqueras plus tu peaufineras ton style pour extérioriser ton intériorité et les idées qui se bousculent dans ta tête finiront par se ranger toutes seules en ordre et cohérence car l'écriture est l'art du ménage intellectuel. Au début, tu y vas à grands coups de balai et de serpillière, mais ensuite tu t'attaqueras aux petits détails pour tout embellir et ornementer tes idées par des enluminures.
L'idée est comme une pierre précieuse qu'il te faut d'abord extirper et extraire de la masse avant de la ciseler délicatement. Continue, tu es sur la bonne voie, qui te guide vers la sagesse et laisse toi mûrir et t'épanouir sans complexe. La richesse n'est pas dans le style ni la forme mais dans le fond, car si tu n'as rien à exprimer rien ne sert de dire. Mais tu as de la matière donc de l'avenir et au fil du temps tu trouveras les couleurs pastel. Avec le temps et l'entraînement il se créera tout seul ton propre nuancier issu de ton vécu et de tes analyses qui s'approfondiront d'elles-même davantage au fil du temps. Bientôt l'élève dépassera le père et j'en serai fier et content.
FONCE, LÂCHE-TOI, ÉCRIS, ÉRUCTE, EXULTE !"
La Mouche. 22/04/2016
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