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Que de fois j'ai rêvé sur la rive endormie
D'une femme adorable au regard de velours
Auprès de ses longs cils coulait une harmonie
J'imaginais un corps aux superbes contours
Déployant une aurore à la beauté mortelle
Parmi les blés, les fruits, son sourire en bouquet
Enveloppait mon cœur d'une fine dentelle
D'un feuillage émouvant brodé d'or, de muguet
Emmuré dans ce marbre ainsi se rêve étrange
A l'ombre de l'orée ensorcelait mon front
Préludait-il tout bas l'approche d'un archange?
Je le portais en moi comme un divin frisson
Et puis elle est venue investir ma bohème
En semant des œillets au clos de mon jardin
Fixant dans mon esprit l'étourdissant poème
Ressuscitant avril pour enrichir ma main
Je ne puis qu'exprimer de mon plus doux langage
Le trouble de mon âme en nommant sa splendeur
A son charme éloquent il me faut rendre hommage
Car il brûle en ma chair d'un souffle ravageur
Sans cesse d'un amour, mes écrits l'idolâtre
En sculptant des rubis plus beau que l'Orient
Par le bonheur d'aimer mon cri devient un âtre
Quand sa tempe se fend d'un clin d'œil souriant
Quand l'astre aux cheveux roux effleure sa prunelle
Caressant son iris par un heureux hasard
Il neige un vent de fleurs de sa grâce éternelle
Et l’illustre guerrier, si bon à son égard
L'archer aux flèches d'or, à chaque fois fait mouche
Et l'on ne saurait dire en admirant ses yeux
Si le soleil s'y lève où si le jour s'y couche
Tant devant ses flambeaux, sont bien pâle les cieux
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