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Omerta complice !

le samedi 24 février 2018, à 01:13. Posté par La Mouche Nounouche



    Moi la mort je l'ai bu
    Plus à temps tant et plus
    Tel déchet ou rebut
    Désespoir en surplus.
    Alcool m'a survécu
    Nom d'un bordel à c. .
    Je suis un survivant
    Psychose de divan
    Loin de vos charlatans
    Le mal était latent
    Au début seulement
    Avant l'isolement
    Traiter il a fallu
    Et l'eau est mon salut
    Abstinence à vie
    Résultat me ravit

    Alcool à mort j'ai bu
    De vide si imbu
    Un besoin absolu
    De me remplir goulu
    Goulots après goulots
    Comme téter lolo
    Mais sans réparation
    Plutôt aggravation
    Se remplir de manque
    Une idée si branque
    Plus tu bois pire c'est
    Tout le monde le sait
    Personne ne dit rien
    Et tu finis vaurien
    Omerta complice
    Te suit quand tu glisses

    Moi la mort je l'ai bu
    De vide si imbu
    Pour remplir le manque
    Quand l'espoir se planque
    Le rigolo béni
    Au centre du déni
    Le déni des autres
    Mais aussi le nôtre.
    Toléré l'alcoolo
    Avec son numéro
    Accepté si longtemps
    Puis çà lasse pourtant
    Carton rouge dehors
    Tâche dans le décor
    Toléré repoussé
    L'abus faut pas pousser

    Alcool à mort j'ai bu
    Besoin de mon carbu
    Pour avancer tenir
    Et survie maintenir
    Match perdu d'avance
    L'alcool me devance
    Impasse et manque
    Invente les planques
    Se cacher se terrer
    Gueule de déterré
    Si jeunesse savait
    Qu'abus d'alcool pavait
    Le chemin de l'enfer
    Mais trop tard pour le fair'
    Le chemin à l'envers
    L'alcool prend à revers

    La Mouche 24/02/2018

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commentaires ( 12 ) (Ajouter un commentaire)
Susan (Coquelicot ) le samedi 24 février 2018, à 05:59
Bonjour Yves,
Tu décris fort bien le parcours du condamné ....
J'ai lu deux fois ton poème , la seconde fois, je l'ai lu en commençant par le dernier vers , le résultat est plus positif !!!
Merci pour ce partage qui m'a émue, trop de personnes n'ont pas essayé ou pas réussi ce dure combat !!!! Bravo à toi d'avoir réussi et d'en parler si librement ....
Belle journée à toi. Bien amicalement. Susan
http://www.mespoemes.net/susanchevalier

Henridurtal le samedi 24 février 2018, à 07:35
Merci, Yves pour ce témoignage . Bon courage.
Les abus
De qui a bu,
Il faut les oublier
Et repartir du bon pied

... ce que tu fais!

Philip (Jardin de Lune) le samedi 24 février 2018, à 08:02
Bonjour Yves.
L'alcool, fée tentatrice, première porte d'entrée, souvent, de paradis artificiels dans lesquels on voudrait se réfugier, a inspiré les poètes.
Baudelaire, dans ses fleurs du Mal a livré une série de poème, jusqu'au dramatique "Vin de l'assassin".
Ici, ton écrit est brut, authentique et d'une grande lucidité.
Et surtout, il fait fi des chemins de croix pour conclure par un essentiel : il ne doit pas y avoir de crucifiction finale. Un écrit qui ne laisse par indifférent. Bon dimanche, Yves. Amitiés. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

Rêveuse le samedi 24 février 2018, à 09:31
Affronter ses "démons", les nommer pour mieux les écraser, tu as beaucoup de courage Yves!!!
Ton poème est un poignant plaidoyer pour ceux qui en souffrent et font souffrir leur entourage!
merci avec mon amitié

La Mouche Nounouche le samedi 24 février 2018, à 12:12
Oui Rêveuse, peut-être pas du courage mais l'nstinct de survie qui a fini par prendre le dessus, une prise de conscience sûrement et enfin je me suis résolu à accepter des aides extérieures. Bientôt 26 ans que le déclic est survenu et que je goûte le bonheur de l'abstinence heureuse !

La Mouche Nounouche le samedi 24 février 2018, à 12:14
Merci Philip et malgré le temps passé hors alcool j'ai encore besoin de parler de lui pour exorciser le mal et éviter la rechute sans doute. Cette addiction est si forte qu'il ne faut jamais l'oublier.

La Mouche Nounouche le samedi 24 février 2018, à 12:17
Merci Henri, bien reparti du bon pied depuis des années, mais je me refuse d'oublier pour assumer mes erreurs et m'en nourrir sans sombrer dans le remord. Mon chemin est celui de la réparation, de la prévention aussi pour informer des dangers de l'abus. Usez sans abuser : tout est là !

La Mouche Nounouche le samedi 24 février 2018, à 12:21
Merci Susan, et en effet rares sont ceux qui en réchappent etc'est pour cela qu'il faut briser l'omerta pour éviter à nos jeunes des parcours chaotiques qui cabossent tant. .

mariepaule le samedi 24 février 2018, à 13:54
Mon beau frère est mort à 50, une épave il était devenue.

Pourtant nous avons tout fait pour l'aider, mes les demons revenaient tout de suite

Bravo Ives tu peux être fier de toi

Marie

Debbie le samedi 24 février 2018, à 15:07
Bonjour Yves, J'aime beaucoup cette poésie car elle me touche beaucoup. Parce que mon choix de ne pas boire d'alcool vient d'un exemple que e n'ai pas voulu suivre. Peut-être une peur aussi. Mon alcool à moi c'est la poésie et je pense que la poésie doit aussi beaucoup t'aider.
Belle journée
Amitié poétique
Debbie

La Mouche Nounouche le samedi 24 février 2018, à 16:55
Hélas Marie, c'est souvent ainsi que se termine le calvaire car rares sont ceux qui ont le déclic en touchant leur fond. On ne peut aider personne contre son gré et le produit est si puissant que rares sont ceux qui s'en sortent sans replonger. C'est aussi atroce pour l'entourage que pour le malade, encore que le malade lui s'enferme souvent dans le déni pour donner à croire que tout va bien mais je ne connais pas de pire esclavage. Amitiés à toi Marie !

La Mouche Nounouche le samedi 24 février 2018, à 17:03
Merci Debbie, mais qui n'a pas dans son entourage quelqu'un en prise avec cette maladie qui touche 5 à 8 % de la population, toutes couches sociales confondues. .. Et en effet la poésie et l'écriture m'ont offert une auto-thérapie de premier ordre pour me regonfler jour après jour. On repart de si loin que je ne le souhaite à personne, même aux plus mauvais de l'humanité. . . Au plaisir de te lire. Amitiés Yves

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