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Je t'écris mon amour, tranquille assis dans l'herbe
A l'abris d'un pommier que dore le soleil
Depuis le mont Beuvray, le Morvan est superbe
Et reste c'est certain pour mon cœur sans pareil
Alors que le vallon écoute la fontaine
En rêvant de tes yeux, au mille chatoiements
Je goûte l'instant bleu, de fine porcelaine
Au clos de l'herbe folle en buvant l'or céans
Ton souvenir en moi chante les blondes pailles
Ma main lourde d'espoir, s'enivre tendrement
Dénouant le frisson de nos saintes batailles
Cathédrale en dentelle offerte à l'océan....
J'évoque notre joie aux pages d'aubépine
Au souffle des odeurs de menthe et de fusain
Sous les rameaux en fleurs que la tendresse incline
Au sous-bois ténébreux, chambre du libertin
Les vers que je t'écris s'entrelacent de flore
Des serments de jadis mêlés de frais bouquets
D'un ciel lilas du soir si semblable à l'aurore
Qu'il ressemble au regard que tu me réclamais
Cueillant d'un doigt fièvreux le lin et l'ancolie
J'imagine ton front et même tes cheveux
Ceint de trésors troublants, fait pour la poésie
Et de velours brodé fidèle aux amoureux
L'haleine d'égantine ensorcelle mon âme
Et je sens que mon lied s'abandonne au plaisir
Du romantique instant que l'idylle réclame
Où passe la ferveur du divin élixir
Les pavots dont la famme ensoleille ma page
Affranchissent mon coeur avec les blonds épis
Quelque brise au lointain caresse le feuillage
Et je songe à ton corps dont mon for est épris
Sur ta tête je veux déposer l'auréole
Vient ma belle congaï profiter des foins d'or
Ma missive t'invite où l'ange à la parole
A garnir nos beaux jours des fleurs de messidor
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