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Nos belles aubergines
Mais où sont donc passées
Nos belles aubergines
Qui hantaient la cité
Dans les rues, dès mâtines ?
Non, je ne parle point
De celles du jardin
Dont le gros ventre lisse
Est pour vous un délice;
Mais bien de demoiselles
Le long des boulevards
Zieutant de leurs prunelles
Les imprudents chauffards:
Conducteurs étourdis
Laissant leurs véhicules
En des lieux interdits
Sans le moindre scrupule.
On écopait naguère
De jolis papillons,
Mais la pilule amère
N’était pas sans raison.
Et pour clore l’affaire
Un sourire parfois
Nous engageait à faire
Plus gaffe une autre fois.
Plutôt qu’une machine
Qui m’enregistrerait,
Je re-veux l’aubergine
Qui jadis me souriait
Enlevons ces machines,
Tous ces horodateurs ,
Tous ces euros-preneurs,
Je veux nos aubergines.
Envoi:
Je ne veux plus de ces machines,
Je veux revoir mon aubergine,
Mon aubergine et ses caprices,
Mon aubergine à la peau lisse !
Et j’offrirai à mon amie
Lors du repos de ce dimanche
Un bouquet simple mais joli,
De papillons et de pervenches. (1)
(1) Aubergine ou pervenche (familier) : contractuelle de la police parisienne portant un uniforme violet ou bleu pervenche.
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