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A l'heure où se répand, l'immuable agonie
Blasphémant le passé, pour un bonheur vendu
L'aura du paysan, n'est plus l'orfèvrerie
La campagne se meurt et l'angélus s'est tu
Tout pleure l'abandon dans la cour du domaine
Plus d'orgueil, plus de joie au soleil du matin
L'auvent n'est plus qu'un toit, la ronce s'y promène
Plus de chèvre, ni vache au son clair de l'airain
Les morts dorment en paix avec leurs beaux mystères
A jamais confondus, au vent des mêmes fleurs
Et pour ceux d'aujourd'hui, c'est le trou sans prières
C'est la fin, c'est la nuit, sans l'aumône des pleurs
Le culte le respect se perd comme les roses
Plein de l'ennui des jours, l'amour est sans espoir
Plus d'amoureux discrets dans la beauté des choses
Heureux sous le vieux chêne admirant l'or du soir
Hommes, qui viviez là, depuis des millénaires
Qu'êtes-vous devenus, sans lumineux sillons
Et vous rêveurs de jour cueilleurs de primevaires
Dans l'oubli dédaigneux des antiques moissons?
Où donc est cet amour, tant de fois séculaire
Des travailleurs au champs bénissant la saison
Gardiens de leur passé, du labeur salutaire
Dont le grain et l'épi, demeuraient la raison
Quel est donc le destin du sage, du poète?
Dans ce siècle où chacun veut être le meilleur
Tant pis pour l'idiot, pour la tête d'alouette
Le moment est venu de montrer sa valeur
La terre, à l'abandon de friches se recouvre
Et la vieille pendule hélas, trône au grenier
Loin du lien de lumière où l'heure se découvre
Au bonheur de l'instant dans son corps en noyer
Et voila que le monde en muant se déleste
Où cours-tu donc ainsi, navrante humanité?
De l'orgueil à l'argent, l'arriviste est céleste
Il n'est plus qu'une loi, c'est l'immoralité
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