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Nous marchions tous les deux sur un chemin étroit
Par ce soir doux d'avril au charme irrésistible
Nous ne nous parlions pas, j'écoutais battre en moi
Cet amour insensé, ce bonheur indicible
Dans ses yeux deus soleils au fard pur du désir
Accrochaient des rubis au ciel de ma pensée
Scintillements sacrés d'un vœu en devenir
Qu'enveloppe de soie une éternelle aimée
Entre nos doigts noués un seul cœur palpitait
De souffle d'or baigné, comme source profonde
Au nid de ses seins blancs un ange chantonnait
Le prélude à Chopin dont les frissons se fondent
Elle semblait sourire, heureuse à mes côtés
Ainsi ses moindres mots attrendrissaient mon âme
Son regard m'enchantait sous ses cils recourbés
Et je restai longtemps ému,le corps en flamme
Une envoûtante paix carressait le terroir
Nous nous étions ensemble assis près d'un vieux chêne
Tandis que le pinson regagnait son perchoir
L'étoile du berger scintillait souveraine
Sans cesse fasciné par cet être divin
Je sentais sourdre en moi d'une senteur exquise
Frissonnant de douceur les eaux de l'Aubépin
J'aimais par-dessus tout son buste de marquise
Je m'étendais près d'elle une rose à la main
Son front s'auréolait de fleurs et d'herbe folle
Et je venais toucher son charme au féminin
En goûtant sa beauté d'où l'aurore s'envole
A l'abris d'un buissson neigeux et parfumé
Berceau du rossignol, je buvais à sa bouche
Le tout premier baiser plein de nectar sacré
Heureux d'apprivoiser cette biche farouche
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