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Quand le soir calme et pur parmi les divins blés
S'apaise pour laisser entendre un doux prélude
Par la voix d'un oiseau sous les arbres dorés
Qu'un murmure de vent charme le crépuscule
Que j'aime cet instant où la plaine s'endort
Les fleurs embaument l'air et le soleil tranquille
Partout à l'Occident étend sa nappe d'or
Ainsi le beau terroir ressemble à l'évangile
Sur la terre éblouie un céleste rayon
Enveloppe les bois, les fécondes javelles
Verse une flamme intense au centre du vallon
Dans l'azur couronné dansent les hirondelles
Au moment romantique où jasent les ruisseaux
Tout se tait à l'orée, à l'ombre des grands chênes
La faune attend son heure au cœur des verts réseaux
Et tout à coup le soir ajoute ses haleines
Pour honorer la nuit et doucement le jour
Abandonne son âme aux blondeurs ondoyantes
C'est la fin de soirée et les prés à l'entour
Ravivent la douceur des herbes murmurantes
Souvent, seul sur la paille en savourant l'été
Je laisse mon esprit s'abreuver du mystère
Des trésors anodins que juillet à semé
Et mon âme se saoûle aux rousseurs de la terre
En cueillant des bleuets et de rose sainfoins
Bercé par les grillons, les doux battements d'ailes
Je m'assieds sous un arbre avec pour seuls témoins
Quelques chevaux Comtois, de ces races fidèles
Qu'un pays de terreux s'occupe avec amour
Solennel et rêveur, confiant et paisible
Je lis dans mon passé en puisant tour à tour
Aux souvenirs d'enfance un bonheur indicible
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