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Je me souviens toujours, l'aube s'était levé
Dans les sous-bois d'avril frangés de poésie
Des traces de soleil semblaient des grains de blé;
D'instinct marquant l'arrêt, je buvais l'harmonie
De violents parfums accompagnés d'encens
Dans l'immuable paix venaient à ma portée
En liqueur du matin, ravissant tous mes sens
Comme un grenier d'enfance où la voûte étoilée
Sous un chêne trapu, guettant, la flèche aux doigts
Je vis venir à moi, comble de l'élègance
Marchant parmi les fleurs, cette biche aux abois
Tandis que de mon oeil s'envolait la sentence
J'admirais ses longs cils, au charme conquérant
Que cette heure était belle, étrange et romantique
Ainsi qu'un sable d'or son regard émouvant
Contenait l'infini de cette histoire épique
De mon abris secret, lit du cerf amoureux
Je cachais mon émoi, cette femme divine
Au pouvoir sans égal rendait jaloux les cieux
Tant son corps adorable à la grâce féline
Me faisait défaillir dans mon rêve premier
Cet ange Laotien dans mon jardin de France
C'était la rose aimée aux pages de l'herbier
La perle du bonheur au secours de la chance
Et depuis ce jour-là mon coeur est habité
Par les oiseaux chanteurs, il neige sur ma vie
De grands pétales blancs, mon front est honnoré
Par des mots merveilleux que ma main lui dédie
Il n'est pas d'or plus pur, j'en atteste le ciel
Que son rire troublant, que son buste haut de gamme
Rayons dardés d'amour son port providentiel
Illumine mes yeux et transperce mon âme
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