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Ainsi la marguerite en blanche broderie
Ajoute à son linceul, maint abeilles d'or
C'est le destin des fleurs, d'être un jour féerie
Et ce roman d'amour se nomme messidor
Heureux celui qui sent frémir en lui la source
Dardant les bleus saphirs, s'imprégner de rayons
Pénétrer l'onde pure et suivre dans sa course
Au soleil de juillet les ombreuses chansons
Le temps noue et dénoue un livre romantique
Nos émois de l'enfance écoulent gentiment
D'indissoluble joie au silence lyrique
Où le couchant propage un bonheur indolent
Au concert de jadis, d'ineffables tendresses
Telle un peuple d'oiseaux, d'un paisible âge d'or
En un temple secret donnent vie aux princesses
Dans les sous-bois dorés au son vibrant d'un cor
A l'abris des regards deux enfants sans défense
Les doigts fardés de soie apprennent le parfum,
Le langage des fleurs, le prix de l'excellence
Que la chair divinise en copiant Rodin
L'orchestre de l'été d'une aile de mésange
Invente la douceur, la brise d'un frisson
Ce savoureux archet c'est bien la voix d'un l'ange
Quand le désir est roi bien plus que la raison
Seul le vent d'un chagrin tournera cette page
Des pleurs inavoués d'un geste fraternel
Renaîtra dans l'azur l'éblouissant visage
Et le passé mouvant de ce rêve éternel
L'amour ne fut divin qu'au prisme de l'enfance
Vestale entreprenant sabrant le souvenir
Trésor fabuleux que poudre la distance
Abandonne à chacun le moment de chérir
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