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Un crépuscule igné caresse l'horizon
Et ce regard en feu que le couchant tisonne
Ravive le sous-bois alors que l'abandon
Chantourne le silence en inventant l'automne
Château bordé d'eau calme et de feuillage épars
Le séjour bienheureux de la mélancolie
Epouvante mon rêve au jasmin des remparts
Entremêle mon front au charme de l'Asie
Une écharpe de grâce hallucine mes yeux
Mains jointes, cœur pâmé je tranche la pénombre
Et découvre Ô! Jésus, l'ex-voto merveilleux
La divine Ophélie endormie au lit d'ombre
Une aile de dentelle et la soie expressive
Ensoleillent son corps, d'inégalables roses
Il semble que l'azur s'entremêle à l'eau vive
Aux flots purs de sa chair se transforment les choses
Troublé par ses contours, la pointe de ses seins
Aux corolles du soir mon âme se retire
En sacrifiant le jour aux amoureux parfums
J'invoque la folie en aimant mon martyre
Riches bijoux vermeils, en ce nid embaumé
A l'entour de la nuit, bercent ma dépendance
Par delà les soupirs l'amour est consommé
L'encre coule en la fleur que sa beauté encense
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