|

Chaque meule de foin, chaque fleur dans les herbes
Par un amour divin, par un céleste lien
A fait languir mes jours, sous des gerbes superbes
Mon ciel resplendissait sous l'arbre quotidien
Parfois prés d'une source étroite sympathie
Ecoutant à genoux, cascadé le bonheur
Au banquet des oiseaux je buvais l'harmonie
Mêlant à l'eau bénite un Paradis trompeur
Seul, parmi les sous-bois, sauvage par nature
Dans un siècle où l'argent profane la raison
Le front couronné d'or juste à l'orée obscure
Un peu comme l'abeille à l'ourlet d'un bouton
Au livre de l'été, j'apprenais l'influence
Du moindre papillon, de l'infime parfum
Du bel l'épi doré faisant la révérence
Au vol de l'hirondelle effleurant son écrin
Le pinson me parlait, de même la mésange
A mes vers imparfaits je brodais leur chanson
Rêvassant de la fille au sourire d'archange
Je sculptais sur un tronc son merveilleux prénom
Et encore aujourd'hui je ne veux autre chose
Du bijou authentique au palace Niçois
Il n'est rien içi-bas qui n'égale une rose
A par le piège doux de tes yeux aux abois
|