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Je peux passer des jours à ne songer qu'à vous,
Sans me lasser jamais de l'attente indicible,
Célébrant le bonheur du prochain rendez-vous;
La flèche de Diane ayant mon cœur pour cible.
Le temps me tarde trop, je n'ai plus qu'un souhait,
C'est contempler vos yeux, que le soleil, sublime
D'un rayon de saphir à l'enchâsse parfait,
D'où la cendre frémit tant le feu la ranime.
Au balcon de vos cils sertis d'or à l'entour
J'ai vu tant de ruisseau devenir émeraude,
Qu'il n'est pas un clin-d'oeil qui ne parle d'amour;
Quand votre beau regard de tendresse, minaude,
Mes sens ont soif de vous... m'évoquer votre chair,
Murmurer votre nom, aux roses de ma bouche
Alimente mon rêve en promettant la mer,
Le ressac incessant au frisson de la couche.
C'est vrai que mille fois en secret chaque soir,
Je bénis d'un baiser la moindre de vos lettres,
J'aime leur grain de soie ainsi que leur pouvoir,
Par les mots parfumés de nos heures champêtres;
J'entends les friselis d'un rossignol mignon
Chaque fois que vos vers enveloppent mon âme
Et j'ai bien peur souvent de perdre la raison,
M'imaginant la main possèdant cette flamme.
Quand j'épelle Marie aux archanges du ciel,
Ces deux syllabes d'or comme l'eau de fontaine
S'écoule dans mon coeur en mêlant fleurs et miel
Même l'éternité me dis, voici ta reine!.
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