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Ce soir la chambre est bleue aux sources de la nuit,
Lentement sans retour l'obscurité propice
Recouvre de son aile un silence infini
Et nos deux coeurs touchés par la grâce complice.
Aux travers des rideaux, d'adorables rayons
Amarrent notre amour aux rêves de la brune*
Minuit marque le pas pour cent bonnes raisons
Au nid fiévreux, ceint d'or, de l'émouvante lune.
En baisotant sa main je prélude au régal;
Elle est la volupté, la fraicheur et la grâce,
Sur le drap presque nue elle annonce mon mal,
Cet ange évanescent miroite dans la glace.
Là-bas le rossignol d'une harpe sans fin
Caresse le terroir de façon romantique,
Propage la douceur ainsi qu'un doux parfum.
Sur l'oreiller de lin, son visage angélique
Egrene du soleil, aux pétales exquis,
le velours de sa bouche égale au laurrier-rose
Constelle mon bonheur en neigeant des rubis;
D'un amour absolu je contemple ma rose;
Pourtant je sais l'effet de l'assaut fabuleux
Je ne puis la toucher sans connaître l'extase,
Au balcon de ses cils quand j'habite ses yeux
Au milieu des rosiers ma luxure s'embrase.
Dans le grand lit douillet jardin de Jupiter
Telle une nymphe en soie elle semble une aurore
Le temps même se meurt en admirant sa chair,
Son buste éblouissant que rien ne déshonore
Palpite de désir, mes doigts cueillent des fleurs,
Avril vient de fleurir sous les fines dentelles
Et je cède au délire en frôlant ses splendeurs;
Quand je vois ses longs yeux ajourés d'hirondelles
Un volcan dans mon corps comme un tourment d'aimer,
Tel un ruisseau brûlant dans sa course nouvelle
Me transperce d'oeillets, d'un bel épi doré
Et je ne sais plus rien en la voyant si belle.
Je bénis mon ardeur la couvrant de lilas,
Sa beauté mille fois, en pleine âme me touche
Je n'ai plus d'autre choix, mourir entre ses bras
Et renaître d'un souffle aux rives de sa bouche.
*La brune, c'est aussi la soirée, la nuit
https://youtu.be/1Z0MR032TR0
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