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L'haleine de juillet sur les blés assoupis
Ce plaisant paysage aux ramures exquises
Et ce murmure très doux sur les tendres épis
Que bénit le couchant quand les geais poétisent
Dans un vallon tranquille au pied d'une forêt
Dans les tumultes d'or de la moisson rêveuse
A l'ombre d'un vieux chêne abritant son secret
Au céleste vitrail d'une nef fabuleuse
Même après bien des ans, je me souviens de tout
C'était un soir d'été, d'une belle journée
Se consumant aux fleurs, quand le silence moud
Les parfums du terroir avant la nuit bleutée
Dans l'émouvant sous-bois aux troncs occelés d'or
Où d'invisibles doigts accrochaient la dentelle
Les perles, les rubis, sanglot de messidor
Moi, je cachais mon trouble en la voyant si belle
Le rêve et la douceur accompagaient nos pas
Le charme de son teint la rendait adorable
Et je perdais la tête en comptant ses éclats
Mais c'est bien dans ses yeux qu'ils étaient admirable
Ce soir-là, je l'avoue un feu brûlait mon sang
Sous les traits du soleil son visage angélique
Affolait ma raison, tout en me consumant
Je la sentais heureuse et même romantique
Couverte seulement d'un robe en satin
<<Où l'aube clair-obscur dans le rêve se fonde>>
Son corps se devinait sous le voile succinct
Et c'était le tableau le plus ardent du monde
Au moindre mouvement une fièvre d'amour
Inondait mon esprit; ruisselante de roses
Sa poitrine de reine au merveilleux contour
allumait dans mon cœur les plus coquines choses
Sa beauté emplissait le moindre de mes voeux
Et en m'ouvrant ses bras elle m'offrit Venise
Ses étoiles, son ciel ses flots impétueux
Ses hanches de gondole étaient ma terre promise
Sans faire aucun effort au piège de ses yeux
Imprudent papillon, je m'étais laisser prendre
Je tremblais bien un peu découvrant l'or soyeux
De sa chair veloutée à la flamme si tendre
Je chérissais l'instant de cet heureux destin
Dans le jour tamisé, j'aimais une marquise
En goûtant au fruit mûr de sa lèvre carmin
L'inoubliable miel à la saveur exquise
Je me sentais mourir sous les divins frissons
Et je pleurais je crois en cueillant ses fleurettes
Oh, la douleur si douce au nid doux des moissons
C'était si bon d'aimer, en ces noces secretes
Oh! tristes amoureux, vous qui ne savez pas
Ce que peut bien coûter, l'espace sans mesure
D'un amour sans égal, qui ne s'achète pas
Il n'est rien de plus grand mon âme vous l'assure
Je vous plains si jamais votre corps n'a brûlé
Au feu de telle nuit, que je pris pour l'aurore
Je puis dire aujourd'hui, j'ai tellement aimé
Qu'une voix en mon for, disait je meurs encore
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