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Livres à tranches d'or vous parlez à mon cœur
Vos heures de jadis comme autant de voyages
Nourrissent ma raison et garde ma faveur
Une odeur du passé poétise vos pages
Vous fûtes mes amis, au secret du grenier
Mon tapis d'Orient aux lignes surannées
Aux grâces d'un dessin tout m'étais familier
Dans ces récits d'hier, je découvrais les fées
Ainsi le vieux bouquin en robe d'apparat
Eclairait mon regard comme l'or ensoleille
Je n'avais que dix ans mais je savais déjà
La saveur d'un écrit de la main de Corneille
Un jour j'ai découverts sous quelques plis dormant
Un tome de Hugo merveilleux de fortune
Son style paraissait tellement émouvant
Qu'il devint mon chevet, mon soleil et ma lune
Lisant "demain dés l'aube" image d'un chagrin
D'un père pour sa fille, à la rare élégance
Je versais une perle au revers de ma main
Une larme qui fut ma grande récompense
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