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Il n'est pas d'autre endroit, sur notre sol sacré
Qui ne puisse égaler ce petit coin tranquille
Même le vol des jours ne pourra l'effacer
Devant tous les jardins, il reste mon asile
Du verglas aux moissons que de beaux souvenirs
Voltigent autour de moi, tels des anges antiques
Au lointain de ces jours, de ces légers soupirs
Je sens sourdre en mon cœur, les eaux mélancoliques
L'encens lourd de jonquille accompagne mes pas
Chaque fois qu'au printemps, la douce brise allume
Les braises de l'enfance et l'odeur du lilas
Je demeure muet tant ce feu me consume
Quand je reviens chez moi en ma verte Comté
J'entends sous le couvert un tendre babillage
Le souffle du pinson c'est la voix du passé
La chanson de l'airain au cœur de mon village
Quand je revois l'école et le Doubs devant moi
Bien souvent je pâlis, alors renaît une ombre
Une ombre ensoleillée en mon âme s'accroît
Qui projette de l'or même sur la pénombre
Je n'avais que onze ans, mais l'âge de raison
Une dame au grand coeur, l'unique institutrice
Qui sut sans mal en moi trouver graine et moisson
Pouvais-je concevoir meilleure ambassatrice
Pour mes mots à venir que madame Guigon
Son amour des enfants la rendait authentique
Mes écris à jamais pour ça, la béniront
Puisse ce flot de vers devenir idyllique
Et fleurir d'or sa tombe, en ces jours engourdis
Pour celle qui mérite au combien ma parure
Qu'en ces jours émouvants mes verbes affranchis
Se montrent digne au moins de sa belle nature
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