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Depuis hier soir un vertige incandescent traverse mon esprit, j'ai trop de splendeurs à révéler, au secret de le dire s'ajoute quelque chose de pur, un grand mystère s'éveille en moi, étrange pouvoir de l'amour, c'est trop ou ce n'est pas assez, je m'enivre à l'idée de cueillir cette rose, les sens saisis par tant de beauté, de magie, je bois l'eau du désir au calice romantique; captif d'une image céleste je veux me fondre en elle pour prolonger la flamme.
Elle parle à mon cœur comme l'aube parle aux fleurs, comme l'eau vive enchante les sous-bois d'avril; sa voix m'ensoleille, aux branches de ses mots s'accrochent les étoiles, que jalouse les Cieux.
Sa voix au grain d'or d'une onde originelle multiplie les parfums, engendre le plaisir, autant d'intelligence, d'imagination n'est propre qu'aux êtres en recherche d'absolu.
Me sera-t-il donné de pénétrer en la nature divine qui embrase ses sens, d'aimé avec ardeur son être, cet amour plein de respect, d'altitude platonique au bonheur inconnu, élève ma pensée.
En face d'elle je perds le fil de mes mots, quelque chose de gauche embarrasse ma voix, un déplorable engourdissement sape mes facultés, ses yeux ce dangereux trésor, de charme, de soleil, d'émeraude allument dans mon âme les feux de la passion.
Cet aveu qu'en tremblant je lui cède, qu'elle n'en fasse pas usage, je crains les grandes marées, le cri des mouettes.
Je n'attends d'elle qu'un impossible rêve, qu'un trouble irrationnel et comme récompense la grâce de ses yeux, que puis-je espérer de mieux, le prix de son sourire en ai-je les moyens?, que dire de son corps sinon que ses rivages d'or émerveillent mon sang, du geste à la matière permettez-moi ce rêve
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