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Le vent des feuilles d'or à jonché mon jardin,
Rien ne meurt, tout s'endort et se change en arpèges;
Sous les porches sacrés de ce cycle défunt,
L'énigme du destin écrit ses sortilèges
En mêlant ses accents aux souvenirs d'antan,
Mes cheveux où le blanc aux ombres s'éparpille
Fleurissant de trésors à l'heure du couchant,
Ce frisson inconnu que ma plume gaspille.
Sur le mince rameau parfumant la forêt,
Le passé, simple fleur qui lentement se fane
Dans le dédale obscur s'illumine à souhait,
Sur la moisson des jours l'antique moulin, glane
Dans l'océan d'azur, l'ambre de messidor,
Le souffle des archets, les larmes romantiques,
Sur les pages d'avril semé de pièces d'or,
Les rires, les amours, des soirs mélancoliques.
Il serait ridicule, il serait indécent,
De ne pas boire l'eau de la source éternelle
Et de ne pas cueillir au sein du firmament
Cette aubépine en fleurs, en l'âme solennelle.
Si l'église est en ruine et bien vieux le berger,
Il reste quelques murs où la plante s'accroche;
La sève s'émerveille à l'ombre du clocher
Et le coeur peut vibrer de même que la cloche.
Une neige fragile ourle les beaux bouquets,
C'est une trace en nous, émouvante de choses.
Dans un panier d'ocier, s'épanchent les regrets
Mais aussi le pollen qui parfument les roses.
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