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L'âme des souvenirs me porte sur son aile
Nourrit d'un vent de fleurs, de souffles embaumés
J'y respire une trace au combien éternelle
Un nimbe sibyllin serti de traits dorées
Invincible soleil, vient couronner ma tête
Et cet amour dont l'encre arrose le vélin
M'invite chaque jour à devenir poète
Une caresse d'or aux douceurs de ma main
Par un désir profond angélise ma plume
Alors, tournant les yeux vers mon passé saphir
J'entrevois un trésor que le présent rallume
Et que tout l'eau des jours ne pourrat point pâlir
Un arbre Franc-Comtois conserve en son écorce
Dans un coeur attendri le prénom d'une fleur
Honnorer son amour reste mon sacerdoce
Et me la rappeler devient le vrai bonheur
Ses yeux comme l'aurore ensoleillent les choses
Ainsi je la bénis son cœur dans mes deux mains
Et touche en souriant le velours de ses roses
Je la rêve le soir sous mes draps aubépins
Je l'imagine au ciel, dans un grand champ d'étoiles
Cueillant quelque bouquet pour ses deux anges blancs
Dans son joli regard s'enluminent les voiles
Et je verse une larme au vase des autans
Pour elle et ses enfants, cette touchante histoire
Est un beau livre ouvert, qui mêle ses parfums
Dans un tiroir secret que seule ma mémoire
Visite simplement à l'heure des chagrins
Parfois quand je reviens, à l'ombre de l'orée
Vers mon arbre adoré, je perçois un oiseau
Alors d'un coup ma muse éveille ma pensée
Son visage enfantin devient un passereau
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