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Si je ferme les yeux son regard apparaît
Ou plutôt une mer où l'aube vient s'étendre,
Cet embrasement d'or vous dire s'il me plait
Régénère mon âme et puis me fait comprendre
Que la vie ou la mort porte le même écho,
Celui des sentiments, celui de la nature,
Sur mes lèvres ce goût devient un frais ruisseau;
Vous parler de Marie est une sinécure,
C'est bien plus qu'un souhait, c'est un divin désir
Qui trouve dans la joie une forme élégante:
Je marche dans un songe et ne veut le trahir
Sur des chemins fleuris, s'invite mon infante,
Au pas de sa légende, au nid de ses deux mains,
Aux pages de son corps, j'ai trouver la Madrague
Dans son charme secret, mes rêves sont sans freins;
Au plaisir insensé de la prochaine vague
S'affole ma raison sur les flots écumeux
Ensoleillant les draps, d'une alcôve discrète,
La braise de sa peau laisse à mes doigts fiévreux
Le frisson du bouquet que recherche un poète.
Mon coeur était à elle avant de l'avoir vu,
Je savais qu'une femme au souffle d'une flamme,
Déposerais de l'or sur mon sentier perdu;
j'avais ce grand besoin de parler à son âme,
Peut-on imaginer la source sans remous,
Juillet sans les moissons, l'automne sans ses voiles,
Mon encre sans soleil, mes mots sans ses bijoux,
L'abeille sans la fleur et les Cieux sans étoiles.
Beauté fondamentale au sourire émouvant,
Le blanc ou la couleur tout lui sied à merveille,
De l'aurore au couchant son rire est si touchant
Que devant sa risette un peu comme l'abeille
J'enivre mon bonheur de ce céleste amour,
En louant sur papier ces dons d'enchanteresse
Pour dire cette perle aux hommes d'alentour;
Me jetant à ses pieds pour quêter sa tendresse.
Je j'aime à la folie et même encore plus,
Sans gêne, sans regret, le dire sans ambages
Et l'écrire à nouveau pour les serments élus,
Qui siègent dans l'écrin des plus nobles ménages.
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