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Le temps coule tranquille effeuillant ma couronne
En contemplant son cours, je perçois au miroir
Le frisson printanier d'une enfance si bonne
Que viennent si mirer sur l'eau calme du soir
De charmants souvenirs au pied d'une colline
Où trône l'anneau d'or au sommet du Mont-Bart
De cet escarpement, la rivière dessine
Une onde qui serpente autant qu'un étendart
Aux heures de jadis, eau vive de tendresse
Le bouquet délicat, d'un odorant butin
Visitait mon sommeil d'une infante caresse
Accrochait le soleil à l'aube du moulin
Ce passé reculé qui dort sous l'aubépine
M'assaille brusquement en venant refleurir
Ainsi mes yeux se brouillent et mon âme s'incline
Aux venelles d'enfance afin de recueillir
L'odeur des vieux cahiers, de l'encre violette
Et le parfum obscur des oeillets émouvants
Ce jour réveille en moi le goût de la noisette
Parmi les verts taillis sur les hauts de Bavans
Je découvre parfois, dans l'album de famille
Une ancienne photo que j'avais oublié
C'est ma tendre maman, l'astre dans ses yeux, brille
Eclairant un peu plus son sourire adoré
Il coule dans mon sang, ce pays que j'adore
Là-bas mon cher village a gardé la saveur
Que je chante en mes vers, que je me remémore
Ce n'est pas Alençon encore moins Arfleur
Que m'importe son nom, si ce terroir me touche
Comme un vieux livre aimé sait émouvoir l'esprit
Le nommer simplement émerveille ma bouche
Toujours il restera l'écrin doux de mon nid
Mais le plus important, se trouve au cimetière
Sur ce tertre Comtois, trois anges, sont pour moi
Soleil de mon pays, perles de ma paupière
J'en mesure tout l'or, tant ma plume leurs doit
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