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Juste avant que les clous argentés de l'hiver
Ne referment la boite aux patines de chêne
Que s'avance la lune aux pages du couvert
Pour ranimer en moi la cloche souveraine
Je voudrais revenir auprès de mon clocher
Quand le chant du ruisseau s'accorde avec les trilles
A l'heure du printemps pour encore goûter
Une dernière fois le bonheur des jonquilles
Alors que le vent court de parfum en parfum
Quand le ciel est pareil au manteau de Marie
Que l'herbe aux passereaux envahis le chemin,
Apporte la fraicheur, que l'ombre sanctifie
Comme au temps ou l'amour menait vers l'absolu
Que la vie me semblait une sente éternelle
Avec des cheveux blonds, sans un malentendu
Aux marches du palais offert à l'hirondelle
Pour y vivre à rebours le bon blé du moulin
Encor tout palpitant de grillons, de linottes
Les lieux de mon enfance où je courais gamin
Je voudrais retrouver les chère campenottes
Au bord de la carrière, au coteau semé d'or
Mon sang s'écoulait pur aussi fort que la sève
Loin du morne béton, d'un monde sans accord
Dans la blonde chaleur que le soleil soulève
Revoir le vieux moulin, le Doubs dans son écrin
De verdure admirable, ensoleillé de pierres
Ainsi que la fontaine et son lion souverain
Pour coudre le bonheur au clos de mes paupières
Avant le grand départ, dans un rêve, revoir
La belle en moi dormant, à la robe pervenche
Boire l'eau de ses yeux en attendant le soir
Et s'endormir enfin aux bras de dame blanche
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