|

Je connais une source où Dieu parle au poète
Son chant est un murmure elle sourd d'un rocher
Au silence du soir, d'un souffle d'alouette
Elle flatte l'oreille et peu même égaler
Certains jours de juillet le cantique de l'ange
En glissant sur les fleurs, l'eau vive avec amour
Semble un duvet de soie, un écho de mésange
En propageant alors le bonheur à l'entour
D'un léger tremblement l'onde devient plaintive
Ses cordes s'ensoleillent aux pages de l'été
Sa robe cristalline en dansant enjolive
Le berceau d'herbe tendre où dort l'oiseau sacré
Enfant j'aimais venir quand l'ombre à l'or se mêle
Aux robes du feuillage adulé par le vent
Sur un dais de verdure infusant la margelle
Tranquille assis au bois il m'arrivait souvent
A l'heure du renard de cajoler mon âme
Sous l'archet des grillons, pour la belle aux yeux verts
Voisine des jardins, ma reine de Bergame
J'imaginais l'idylle en composant des vers
Lorsque la nuit au pas d'une biche paisible
Visitait le sous-bois, je rêvais d'une voix
En écoutant au loin rossignol invisible
Le souffle romantique, orgue des plus beaux mois
D'un langage d'amour la messe pastorale
Perpétuait en moi des murmures si doux
Qu'une ode en ma pensée, aurore boréale
Déposait sur mon coeur le ciel et ses bijoux
|