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Le coin d'où je t'écris, parfumait mon enfance
Cheval de mon orgueil, il imprègne ma chair
Je connais des courtils de notre belle France
Et pourtant pas un seul, de l'Alsace à la mer
Du Nord jusqu'au Midi en passant par Pontoise
Ne peut sourdre en mon for le frisson merveilleux
Qui fait trembler les blés de ma terre Comtoise
A l'ombre d'un sapin elle neige en mes yeux
Les souvenirs en moi ruissellent de tendresse
L'âme des vieux vergers embaume mes écrits
Je marche dans un bois qu'une source caresse
Les flèches du soleil arrosent mon pays
Il n'est pas le plus beau, pas même le plus riche
Mais il a l'avantage au combien précieux
Et vaut bien pour cela l'éblouissante affiche
D'accueillir en son sein beaucoup de mes aïeux
Mon coeur le reconnais avant même l'amorce
Aux clairs scintillements palpitant de bijoux
Il prospère en mon âme, à travers mon écorce
Et m'inspire toujours les souffles les plus doux
J'entends un violon romantiquement triste
Chaque fois que je pense à l'enfance au long cours
Les photos du passé se couvrent d'améthyste
Alors mon vieux moulin moud l'or et le velours
Près d'un roc escarpé chante une eau cristalline
A l'ourlet des rochers le Doubs à cet endroit
Se jette dans le vide et lentement chemine
Chaque jour plus vaillant, sa majesté s'assoit
Sur l'immense plateau jardin de la gentiane
Son miroir s'angélise à deux pas des murgers
Il coule gentiment en forêt de Diane
Avant de se mouvoir au milieu des vergers
Sur mon écrin natal il devient une aurore
Sa beauté d'apparat se mêle aux souvenirs
S'éveille alors un rêve et je me remémore
Les jours ensoleillés sertis par les loisirs
S'allument des flambeaux sous les divins feuillages
La berge s'émerveille au coeur de Blussangeaux
De l'encensoir doré jaillissent des images
Où baigne le soleil des bonheurs matinaux
Aux braises du foyer, l'ombre familiale
Accroche à mon regard quelques perles d'argent
Une élégante femme en robe nuptiale
bercera ma raison perpétuellement
Sur les flancs du Mont Bart un chêne séculaire
Depuis bientôt trente ans d'un émouvant serment
Fait vivre en son écorce un nom que je vénère
Pour la reine qui fut, ange, femme et maman
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