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J'ai bien relu cent fois ton émouvante lettre
Ce que tu m'as écrit, est si simple, si beau
Que lisant ton message en moi j'ai senti naitre
Les effluves exquis d'un frissonnant sanglot
Autant de volupté, autant de romantisme
De ta main innocente attendrit mon regard
Tes lignes m'ont offert un moment d'érotisme
Qui suspend à ma lèvre une essence, un nectar
Au travers de tes mots se prélude l'aurore
Ainsi tes jolis doigts ensoleillent mes yeux
Sur mon cœur se déploie un feu qui me dévore
Quelque chose de doux, subtil et merveilleux
Enfante le soleil, c'est l'écho de ton âme
Et j'écoute ce chant rempli de volupté
Tout mon être s'élève et longuement se pâme
En buvant le bonheur que tient l'éternité
Cette lettre d'amour d'un ange à son poète
De la rose, à le teint, le charme du pastel
C'est une porcelaine à l'entoure parfaite
C'est un sous-bois où coule un ruisseau solennel
Ce verbe fraternel, ce souci du bien-dire
Aussi pur que de l'or, aussi doux que la fleur
Comme un riche rêveur sous le lilas m'attire
Avec un charme fou, tu parles du bonheur
Ta plume avec amour fait chatoyé la rose
Vogue une vague bleue au reflet du miroir
Une abeille d'argent sur la page se pose
Des angelots dorés angélisent le soir
A l'aube de ma nuit tu sèmes des étoiles
D'authentiques senteurs au satin de nos draps
Mon ciel baigné de pourpre abandonne ses voiles
Quand ta belle écriture annonce ses appâts
Un bouquet de sainfoins sur le bureau de chêne
J'imagine ta main fleurissant le papier
Le crépuscule rose et ton âme fontaine
Courbant les blonds épis en pillant l'encrier
Cette œuvre originale empreinte de tendresse
Je veux la protéger entre deux livrets d'or
Un livre de Hugo, et le second de messe
Pour que vive toujours au-delà de ma mort
Cet Aura formidable habillant ton esprit
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