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J'ai voulu vous offrir sans attendre à demain
Ce que cache mon cœur en sa digne allégeance
Ce bouquet idéal se trouve sous la main
Ma lettre est un aveu sans aucune arrogance
Bien heureuse est mon âme en écrivant ces mots
Je vous aime à rêver douce femme aux traits d'ange
L'amour a des vertus pour les nobles joyaux
Il a pour triompher, sous lequel je me range
Le regard le plus cher celui de vos beaux yeux
Et sur le vélin tombe une larme fidèle
J'espérais un rayon et vous m'offrez les Cieux,
Au fond du firmament l'étoile la plus belle
Je veux qu'avec douceur mes vers parlent de vous
Qu'ils reversent tout l'or dont ce feuillet recèle
Vous saurez mieux combien mon langage est jaloux
De vos riches atours, que le charme révèle
Je veux bien en parler où le dire tout bas
Oh! ces jolis attraits sous le discret voilage
Ainsi mon billet doux témoigne sans faux pas
A travers mes désirs afin de rendre hommage
A vos divins atouts que j'aime impunément
Dévêtir votre corps, parcelle après parcelle
Dans la félicité qui m'étreint follement
Découvrir votre peau sous la fine dentelle
Où se perdent mes mains, point d'or à contre-jour
L'éclat de votre teint vous rends si désirable
Qu'il m'arrive souvent de soupirer d'amour
Devant tant de beauté, devant l'œuvre admirable
J'aime vous contempler, suivant avec plaisir
Votre corps se mouvoir de façon élégante
Ma rose du Laos adorable à polir
Mon encre est le ruisseau que votre ligne enchante
D'une douce langueur je cède au savoureux
Transport, sans même attendre ainsi je le confesse
J'hallucine mon âme en pensant à nos jeux
J'aurai pour mon salut cette immense richesse
Aux flammes sans esprit, j'oppose vos bijoux
Je ne crains que vos seins, sans vouloir faire ombrage
Tant pis pour les mots crus, que mon bonheur absous
Et savoir qu'en mon cœur s'avive votre image
Ne peut me donner tort, qui sait son avenir?
Alors charmante fleur, si le mien s'en va suivre
Les plis de votre robe, il fera le loisir
De quelques cabotins; tout comme un rêveur ivre
Je ne sais rien de mieux, j'en bénis le destin
Pour le prix d'un baiser je découvre Venise
Aimant jour après jour votre aimable jardin
Je vous offre ces vers tant ma plume est conquise
Rien n'égale pour moi le soleil de vos yeux
Par vous ma bien aimée il touche mon poème
Ne vous étonnez pas de quatrains élogieux
Ils couvent dans mon cœur depuis que je vous aime
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