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C'est bon de retrouver sans le moindre nuage
Alors que le foin d'or émerveille le vent
A l'heure de l'été, les murs de son village
Auprès du vieux clocher on redevient enfant
Pour chacun c'est pareil, une onde nostalgique
Accompagne nos pas au pays familier
Et l'on ressent alors le parfum du colchique
Pour tous, le souvenir c'est comme un vieux grenier
Et quelque chose en nous qui veille sur les ombres
Réveille le passé, les plus beaux de nos jours
Il est ainsi des fleurs, sur les tristes décombres
Insensible aux affronts, qui fleurissent toujours
A ces pressants appels, le rêveur s'abandonne
Sur les ailes du temps il retrouve l'écrin
Où l'aube est un frisson que le printemps pouponne
Le gentil rossignol lui chante son refrain
Vous qui pleurez un frère, un père ou votre mère
Sachez qu'avec le temps tout est empreint d'amour
Tant la vie ici-bas se révèle éphémère
Quand le cœur s'enracine il nous parait bien lourd
Ainsi le nid aimé caresse la mémoire
Et l'eau pure fait sourdre un premier rendez-vous
Alors revient le vent parfumé de l'histoire
Par des vers précieux et souvent les plus doux
Le poète parfois d'une plume inspirée
Entre-ouvre le coffret tapissé de velours
Sous les larmes, les fleurs s'envole la pensée
Et la source scintille en retrouvant son cours
Le front au firmament se gonfle la rivière
Le vivant souvenir se fraie un blond chemin
Comme l'épi naissant jaillit à la lumière
Sur le tendre papier, le poème est regain
Au moulin de l'antan s'élance de l'écluse
Des jours émerveillés, de cerises, de foin
De ces bonheurs perdus se cultive la muse
De cette moisson d'or il faut prendre grand soin
En revoyant l'école en septembre il nous semble
Que quelque chose est mort, de frêle, d'innocent
Comme aux soirs de juillet quand une étoile tremble
Et nous renvois au cœur un message émouvant
Même la nostalgie est une récompense
Se dessine parfois d'authentiques secrets
Sur les habits froissés que rend la providence
La trame ressuscite une once de portraits
Laissez-moi vous parler d'une claire fontaine
Bien que poète en herbe à l'âge du muguet
En goûtant sa douceur une cloche lointaine
Annonçait à mon cœur que l'eau me parlerait
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