|
Vents déroutants
La tempête annoncée est arrivée d’Espagne,
Le vent siffle et hurle dans les drisses du port,
Les cables vont frapper de faux mats de cocagne ;
Sur la jetée fouettée aucun être ne sort.
Un pêcheur isolé trime au loin comme au bagne,
Son frêle esquif secoué redoute un mauvais sort ;
Bientôt s’achèvera son ultime campagne :
L’océan semble enclin à distiller la mort.
Les appels au secours lancent les sauveteurs,
Ces héros au grand cœur, sur les flots en furie.
Ils s’arment de courage et pleins de belle ardeur
Espèrent comme hier remporter la partie.
Hélas l’embarcation à laquelle il se fiait
Ne peut plus résister aux attaques des vagues ;
Elle tourne et retourne comme dans un ballet
Mais le ballet maudit d’un être qui divague.
Le flot projette alors les marins à la mer,
Contraints à regagner le rivage à la nage.
A l’heure du décompt’ le bilan est amer :
Trois hommes n’ont pas pu rejoindre à temps la plage.
Trois morts à déplorer, en Vendée c’est déroute,
L’ouragan a frappé, semant le désarroi,
Avant de s’éloigner et continuer sa route
Vers le pays du Nord, de Lille et Charleroi.
Les vaillants sauveteurs ont rempli leur labeur
Personne n’a crié, à bord pas de panique,
Comme a dit aujourd’hui au micro l’un des leurs,
Unis dans le combat contre cet Atlantique.
Refusant les honneurs, le titre de héros,
Malgré tout leur chagrin et leur immense peine,
Ils ont fait leur devoir, selon leurs idéaux, :
A certains va la chance, à d’autres la déveine.
|