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J'ai reçu de tes doigts, de ton cœur, de ton âme,
Le langage touchant, des roses en bouquet,
Le pouvoir de tes mots que la tendresse enflamme,
Comme une source au bois d'un délié parfait
Enchante mon regard, d'une étreinte adorée
La vigne de tes vers, s'entremêle à mes fleurs,
Et caresse l'écho de ma folle pensée,
Des choses en éveil comme un rêve d'ailleurs
M'assaillent brusquement, chaque fois qu'une lettre
Parfumé par tes soins ensoleille mes mains,
Toujours à ce moment en moi je sens renaître,
Les éminents désirs de capiteux parfums.
Ton intime éloquence à mon âme se lie
Et je comprends combien ton amour est profond,
Le charme te sied tant que je bois l'ambroisie
D'un savoureux destin auprès de ta moisson;
A travers tant d'esprit, ton agréable muse,
Reflète le bonheur, ce besoin de fleurir,
Que bénit le soleil en ouvrant son écluse,
De fil d'or et d'azur, aux grâce d'un soupir
Les liens de tes serments d'une force absolue
M'enseigne la façon de t'offrir des orpins,
Un romantique pli m'annonçant ta venue
Fait éclater mon cœur en mille alexandrins;
Dans un coffret doré, jalousement je garde,
Sous des pétales blancs, tes billets lumineux,
Au miroir du vélin, un ange me regarde,
J'imagine ta main, qui reste avec tes yeux
Le soleil de ma vie, en moi pointe une aurore,
Quand ta plume s'épanche au sein du firmament,
En butinant les fleurs de Ronsard, que j'adore,
Deux lettres de ton cœur me trouble énormément.
La première en été, porte un cachet, Bruxelles,
Un écrit bienveillant m'apporte de l'espoir,
La deuxième émouvante est comme les javelles,
Une odeur de foin blond, une haleine du soir
Pose sur chaque mot, un élégant diadème,
Que rêve tout amour de l'aurore au couchant,
Elle est digne c'est vrai de tes plus chers "je t'aime,
Oh ! qu'il me serait doux de la lire en mourant.
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