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La campagne souvent, pour moi est une école
Où de charmants gamins, de plume et de tout poil,
Enchantent chaque cour, sans aucun protocole,
Le maître de ces lieux, si loin de ratapoil;
Souvent de bon conseil, sans toujours être sage,
Tout en étant présent sait se faire oublier,
Avec lui c'est certain, jamais d'oiseaux en cage,
De jour comme de nuit chacun peut lui parler.
Son œuvre magistrale en moi est une lyre
Et je suis habité par les arbres, les fleurs,
J'aime pardessus tout l'eau vive qui soupire,
Billet doux de la source à l'âme des rêveurs,
Même l'aube s'incline en versant une larme;
Que dire des oiseaux, petits trésors cachés,
Leurs chants sont des rubis, de l'or, et sont une arme
Pour tous les amoureux, de messages légers;
J'écoute avec bonheur au livre de l'aurore,
Quand le merle aux buissons raconte ses amours,
Sous l'aubépine en fleur, mon âme est une amphore;
Sont romantique chant semble dire, toujours!
A l'ombre je m'assieds, certains soirs sous le chêne,
Une onde monte en moi, la vague des moissons
Ou le souffle des fleurs, qu'importe où ça me mène
Sans fin, je suis heureux au concert des grillons
Un bouquet à la main, sous mon temple, tranquille
Admirant l'horizon, je reste adolescent,
Je m'étonne de tout, même d'une chenille,
Je m'enivre attendri, en buvant chaque instant;
Je raconte ma vie à l'arbre centenaire,
Quand le jour fuit au bois, je ne puis que rêver,
Une flamme dans l'âme, un rayon d'or, m'éclaire;
Perles du firmament, je suis votre berger.
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