|
Après avoir chanté
Pour accueillir un cri
Après m’avoir baptisé
Tu es parti
Tu laissais déjà
Après chaque drame
Entre mes petits bras
Une mère en larme
J’ai séché ses yeux
Que tu fermais
J’ai caressé les bleus
Que tu lui laissais
En guise d’au revoir
Ton siège inoccupé
Rempart face au monde
Ton fils s’est levé
Et faisait ta ronde
Seul
Personne n’a pu effleurer
Les autres fruits de tes entrailles
Le sang a parfois coulé
J’étais une petite muraille
Et lorsque ma peau
Tache noire dans une cour blanche
Est devenue fardeau
Contre lequel le sort penche
Chaque jour je me suis battu.
Et chaque soir mon silence.
Maman n’en l’a pas su
Sauf que les profs sont des balances
Comme les bleus sur mon corps nu
J’ai vécu l’horreur intime
Que tu as connu
La trahison ultime
Toi l’enfant des rues
Dans une alcôve
Jaune et bleue
Le Diable fauve
Et sa barbe bleue
De grand-père
Violait chaque mercredi
Le petit rempart
Dans un silence inouï
Il va, vient, et repart
Et tu n’étais pas là
Il a fallut trouver refuge
Loin du corps honni
De mon regard qui me juge
De n’avoir rien dit
Les livres m’ont sauvé
J’y étais chez moi
Je n’étais plus écœuré
J’étais tous ces autres là
Et tous les jours j’ai prié
Pour te rejoindre
Me sentir protéger,
T’étreindre
Papa
|