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Quand je reviens rêver à deux pas du tilleul,
Que l'ombre du passé sur mon âme s'épanche
De tout ces jours enfuis mon cœur porte le deuil,
Le rossignol s'émeu en retrouvant sa branche;
De ce tendre bouquet, il ne me reste rien,
Sinon quelques échos, quelques odeurs d'automne,
Au bois un son de cor, les hurlements d'un chien,
J'imagine un voyage et tout le ciel moutonne,
Sur un joli trois-mâts l'or qui flotte aux confins,
Un souvenir perdu, retrouve ses rivages,
La porte de l'école et ses murs purpurins,
Si je ferme les yeux je revois des visages,
Où le flux incessant d'un océan de blé,
Et puis ces petits riens qui pimentent la vie,
Le bonheur à cueillir, les fruits, les fleurs d'été,
En moi comme à regret s'écoule un incendie,
O! reflue à rebours, fontaine au temps jadis,
Quand le soleil au bois dardait ses flèches blondes,
Que le calme coulait des bleus volubilis,
Que la moisson ombreuse ondoyait de mille ondes,
Je veux revivre encore avec les chants d'oiseaux,
Me coucher sur le foin, reboire à la fontaine,
Entendre de nouveau le vent caresser les roseaux,
Pêcher les pieds dans l'onde, écrire sous un chêne
Sur un tapis de fleur, bruissant d'abeilles d'or,
Le premier billet doux, pour une demoiselle,
Réveiller dans mon cœur, merveille et toison d'or,
La saison où l'on aime est toujours la plus belle,
Chers et doux souvenirs emporter par le temps,
A deux pas du tombeau vous me parler encore,
Mais le murmure s'éloigne à mesure des ans,
S'exhale un long sanglot que la douleur picore,
Plus d'angélus hélas, plus de coquelicots
Même plus le parfum de l'encre disparue,
Il ne reste au poète en somme que les mots,
Une intime blessure et le nom d'une rue,
Il n'est pas toujours bon de revenir au sein,
Le bonheur n'y est plus, ne reste que silence,
Mais une braise d'or se consume en chacun,
Et nous force à revoir le nid de notre enfance
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