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Le soir, de temps en temps un céleste bonheur
Dans le recueillement vient nourrir mon silence,
Un rayon me pénètre, une étrange douceur
Palpite au fond de moi, j'en mesure la chance
En liant fleurs et mots, poèmes et bouquets,
Voici mon cher labeur, ma noble récompense,
D'un sincère frisson je livre mes secrets,
Ma plume et l'encrier à deux font alliance
Pour l'ange de mes nuits, juste sous l'abat-jour,
Faire une sublime œuvre en l'honneur de sa ligne,
Egoïste plaisir j'écris avec amour
En tremblant chaque fois de peur d'en être indigne,
Serai-je à la hauteur, la panique m'étreint,
Car ma vie en dépend, sans elle ni la rose
Ni même le présent n'aurait un tel parfum,
Avec remerciement d'un souffle je dépose
Ce que contient mon cœur, de grâce et de raison,
Mon encre garde l'or et toujours n'a de cesse
D'accompagner ses jours, de couronner son front
Est-il de plus beaux vers que ceux de la tendresse
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