|

Si j'évoque aujourd'hui en forme de préface,
Ce qui coule en mon cœur et si j'ose à mon tour
Déposer sur vos yeux, mon humble dédicace,
N'y voyez de malice afin de faire jour,
Par le chemin des fleurs aux vers de cette lettre,
Si je m'en ouvre à vous, c'est que je sens fleurir,
Au buisson de mes doigts, si je puis me permettre,
Les parfums du printemps, le divin élixir
D'un amour insensé pour celle qui m'éclaire,
La secrète raison en moi vire au tourment,
A la folie autant, sans être Apollinaire
En regardant ses yeux, ses saphirs d'Orient,
Un sentiment si beau que je ne sais traduire,
Comme un pressentiment réveille la douceur
D'un message émouvant ce que mon cœur veut dire
Fait naitre le frisson, au velours d'une fleur
Je veux puiser son miel, pour écrire un poème
Qui fleurira demain au balcon de ses cils
Hallucinant flambeau, aux flammes d'un je t'aime,
Fascinant chaque mot, des ors les plus subtils,
Aux roses d'Ispahan j'emprunte la noblesse
Sur un vélin bleuté mon délicat pinceau,
Déposera la soie et la tendre caresse,
La touche de mes sens aux fleurs de son chapeau
De même que l'amour, sa beauté le mérite,
Comme l'aube éclatante, elle est la volupté,
Le jardin ombrageux où le désir s'invite;
Son sourire éloquent reste le sceau sacré
L'encrier de mon cœur, la plume de mon âme,
L'encre de mes plaisirs, les traits de mes faveurs,
Cet épître est un feu, c'est plus, c'est une flamme
C'est l'habit des beaux jours, pour nommer ses splendeurs
|